Idées reçues sur les antalgiques et la morphine
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Il existe un certain nombre de croyances sur les médicaments contre la douleur et en particulier la morphine. Voici quelques réponses aux principales idées reçues.
Faux. Les traitements contre la douleur visent à soulager la douleur en continu, en prenant les médicaments à heures fixes, même sans douleur apparente. Attendre d’avoir mal pour prendre les médicaments entraîne des effets néfastes : soulagement plus difficile, doses plus élevées avec risque de surdosage, douleur prolongée et installation de la douleur. Il est essentiel de suivre les recommandations du médecin pour un traitement optimal. Si la douleur persiste avant la prochaine prise, consultez votre médecin pour ajuster le traitement.
Faux. Les antalgiques ne masquent pas l’évolution de la maladie. La surveillance du cancer se fait par des examens médicaux réguliers et non par l’intensité de la douleur. Si la douleur augmente, c’est que le traitement antalgique devient insuffisant. Dans ce cas, les médecins chercheront la cause de cette augmentation et adapteront le traitement. Si la douleur est liée à une évolution de la maladie, ils pourront réagir rapidement.
Vrai et Faux. Certaines personnes refusent les antalgiques car ils ne traitent pas la cause de la douleur, c’est-à-dire le cancer ou les séquelles dues au cancer et à son traitement. Cependant, soulager la douleur aide le patient à mieux se nourrir, mieux dormir et à mieux supporter les traitements. Ainsi, traiter la douleur facilite indirectement le traitement du cancer. Il est donc fondamental de traiter autant que possible la douleur.
Faux. La morphine est utilisée en fonction de l’intensité de la douleur, pas de la gravité de la maladie. Une douleur intense ne signifie pas nécessairement une maladie grave. Elle peut soulager des douleurs aiguës ou chroniques, et est utilisée lorsque les autres antalgiques sont inefficaces. À tort, la morphine est souvent associée à l’idée de mort parce qu’elle a longtemps été réservée aux personnes en fin de vie. Aujourd’hui, elle est reconnue comme médicament indispensable pour lutter contre certaines douleurs intenses, cancéreuses ou non. Depuis que l’utilisation de la morphine s’est développée, la prise en charge de la douleur s’est considérablement améliorée.
Vrai et Faux. La somnolence est fréquente au début du traitement par morphine ou lors d'une augmentation des doses. Elle résulte de la combinaison de la fatigue due à la douleur et de l'effet sédatif des opioïdes. Cet effet est généralement temporaire et diminue avec le temps. Si la somnolence persiste, le médecin peut ajuster le traitement en modifiant la posologie ou en prescrivant d'autres médicaments.
Vrai et faux. La morphine est un opioïde dérivé de l'opium. C’est un médicament puissant utilisé sous surveillance médicale pour traiter des douleurs intenses. Bien qu’elle soit classée comme stupéfiant, son utilisation correcte ne mène pas à la toxicomanie. Au 19ème siècle, la morphine était utilisée à tort et à travers car elle était en vente libre et on ne connaissait pas ses effets indésirables. Cette utilisation massive, sans aucun contrôle, a provoqué des phénomènes de toxicomanie. Aujourd'hui, les prescriptions et les modes d’administration sont strictement contrôlées.
Après une utilisation prolongée de morphine, l’arrêt de la morphine doit être progressif et réalisé sous le contrôle de votre médecin pour éviter le syndrome de sevrage (bouffées de chaleur, mal-être, hallucinations, douleurs aiguës, diarrhées…) lié au dérèglement de la production naturelle de morphine par le cerveau. Ce phénomène de sevrage est très différent de la toxicomanie, qui se définit comme une dépendance physique et psychologique, et un besoin incontrôlable du produit.
Faux. L'utilisation de la morphine à un moment donné ne signifie pas qu'elle deviendra inefficace plus tard. Cependant, si la douleur n'est pas bien soulagée, elle peut s'intensifier, nécessitant des doses plus élevées et augmentant les risques d'effets secondaires. Si la morphine ne suffit pas, des opioïdes plus puissants peuvent être utilisés pour soulager la douleur.
Ni vrai, ni faux.
La morphine peut entraîner des effets indésirables, comme tous les médicaments, qu’il ne faut pas négliger. Mais il existe des solutions pour les limiter, notamment des antiémétiques pour lutter contre les nausées en début de traitement et des laxatifs quotidiens contre la constipation. Les effets indésirables les plus redoutés, comme les hallucinations ou les troubles psychiques, sont extrêmement rares et souvent transitoires. Ils sont liés à un surdosage que l’on peut facilement corriger.
Chaque personne réagit différemment à la morphine. Si les effets indésirables sont trop gênants, parlez-en avec votre médecin pour qu’il puisse ajuster le dosage ou vous proposer d’autres médicaments similaires.