Limiter les douleurs liées aux soins et aux actes médicaux
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Pour limiter au mieux les douleurs liées aux soins et aux actes médicaux, les patients ont besoin d’être préparés aux soins qu’ils reçoivent. Une bonne communication avec l’équipe soignante, une information détaillée sur les soins reçus et le sentiment d’être écouté permettent de diminuer l’anxiété et contribuent à ce que chaque soin se déroule au mieux.
De nombreux actes médicaux sont nécessaires au diagnostic du cancer, aux traitements, ainsi qu’au suivi de la maladie : examens radiologiques (IRM, scanner, radiographie), piqûres, prélèvements (prises de sang, biopsies), etc.
Parmi ces actes, certains sont désagréables, voire douloureux. D’autres le deviennent parce qu’ils sont répétés. Ces douleurs ne doivent pas être négligées car elles ont des conséquences sur le bien-être physique et moral. Avoir mal lors des soins entraîne un épuisement physique et émotionnel, une peur des soins futurs et une perte de confiance vis-à-vis des soignants. Des mesures préventives simples peuvent limiter l’apparition de la douleur.
Est-ce que ça va faire mal ?
Il est parfois difficile de prévoir si un acte médical va être douloureux ou non. La douleur dépend à la fois de la nature de l’acte et de votre situation personnelle.
D’une manière générale, tous les soins qui consistent à pénétrer dans le corps sont potentiellement douloureux. On parle d’actes ou de soins invasifs : les piqûres, les examens d’imagerie internes (comme les endoscopies), etc.
Ces gestes médicaux sont plus ou moins douloureux en fonction des outils utilisés (finesse d’une aiguille par exemple), de la zone du corps concernée (en profondeur ou à la surface du corps), de la longueur du soin, etc.
D’autres soins sont habituellement indolores mais renforcent des douleurs déjà existantes : si vous souffrez de douleurs osseuses, le fait de devoir rester allongé sur une table d’examen peut augmenter vos douleurs.
Chaque personne a un seuil de tolérance à la douleur différent. Un soin peut donc être jugé supportable par un patient et insupportable par un autre. La tolérance à la douleur diminue au fur et à mesure de la maladie et des traitements.
Les circonstances dans lesquelles le soin est réalisé entrent également en compte : l’anxiété, les expériences positives ou négatives passées (comme un mauvais souvenir de prise de sang), la douleur présente avant le soin, les gestes du soignant, la relation de confiance entre le patient et le soignant. Tous ces éléments ont une influence sur la perception de la douleur et la manière dont chaque soin est ressenti.
Pour juger si un soin risque d’être douloureux, les soignants doivent donc prendre en compte à la fois la nature de l’acte médical et votre situation personnelle.
Une mesure préventive contre la douleur doit être proposée à chaque fois qu’un soin est potentiellement douloureux ou que vous le ressentez comme tel.
Vous êtes le mieux placé pour juger si un soin vous semble pénible ou douloureux, même s’il ne l’est pas pour une autre personne. Vous avez le droit de demander des moyens efficaces pour ne pas souffrir inutilement, même s’il s’agit d’un geste médical banal.
Être préparer aux soins
Les patients ont besoin d’être préparés aux soins qu’ils reçoivent. Une bonne communication avec l’équipe soignante, le sentiment d’être écouté et une information détaillée sur les soins reçus diminuent l’anxiété. Cela contribue à ce que chaque soin se déroule au mieux.
Au-delà des compétences techniques, la relation avec les soignants est très importante pour le bon déroulement des soins.
Le manque de dialogue, l’impression de n’être qu’un numéro de chambre ou de ne pas être entendu sont des facteurs de stress et de douleur importants. À l’inverse, le dialogue permet de construire une relation de confiance réciproque.
Beaucoup de patients n’osent pas parler de leur crainte d’avoir mal. Il est indispensable que les soignants puissent évaluer votre niveau d’anxiété, votre douleur ou votre peur d’avoir mal. Ils pourront ainsi mettre en œuvre les moyens nécessaires pour assurer votre confort.
Si vous ne vous sentez pas compris ou écouté, n’hésitez pas à faire appel à un soignant en qui vous avez confiance. L’information fait partie des droits des patients. Une information adaptée contribue à diminuer les angoisses et à réduire la douleur pendant le soin.
Vous avez un rôle à jouer dans la prévention de la douleur : si vous avez déjà eu mal lors d’un soin, vous pouvez demander un traitement antidouleur plus fort lors du soin suivant.
Eviter ou diminuer la douleur
Des traitements préventifs contre la douleur peuvent être utilisés à chaque fois qu’un soin risque d’être pénible ou douloureux. Leur utilisation repose à la fois sur l’information des patients, la communication avec l’équipe soignante et une bonne organisation des professionnels.
Ces traitements de la douleur liée aux soins et actes médicaux nécessitent d’être prévus à l’avance car ils demandent éventuellement un matériel spécifique et l’effet antidouleur met parfois 2 heures avant d’être efficace.
N’ayez pas peur de paraître « douillet » si vous demandez un traitement contre la douleur. Le fait de ne pas souffrir inutilement pendant un acte de soins est aussi important pour vous que pour le professionnel qui réalise l’acte. En effet, plus vous êtes détendu et en confiance, plus l’acte est facile à réaliser.
Si vous avez reçu un traitement préventif lors des soins précédents, précisez à l’équipe médicale s’il a été suffisant ou non. Elle pourra ainsi, pour les soins futurs, adapter les moyens mis en œuvre à vos besoins.
Prendre un médicament contre la douleur
Utilisés seuls, les antalgiques du palier n°1 comme le paracétamol sont généralement insuffisants pour prévenir les douleurs liées aux soins. En revanche, les antalgiques du palier n°2 et n°3, la morphine le plus souvent, peuvent être utilisés.
Si vous n’avez pas de traitement de fond contre la douleur, votre médecin peut vous prescrire une dose d’antalgique à utiliser spécialement avant le soin douloureux. Si vous avez déjà un traitement de fond contre la douleur, vous pouvez utiliser une dose supplémentaire (interdose), prescrite par votre médecin. Il vous donnera des instructions précises en fonction de votre médicament, pour que l’effet antidouleur soit le plus efficace possible au moment du soin.
Il vous dira notamment combien de temps avant il faut le prendre, et combien de temps dure l’action antidouleur. Ces interdoses sont généralement des médicaments à action rapide, à avaler, à faire fondre sous la langue ou à frotter contre la joue.
Voir Soulager la douleur avec des médicaments
Pratiquer une anesthésie locale
Une anesthésie locale consiste à atténuer ou à supprimer la douleur grâce à un produit anesthésiant qui insensibilise une partie du corps. Il existe plusieurs types d’anesthésie locale.
Une anesthésie de contact des muqueuses
Cette méthode consiste à pulvériser ou à appliquer un produit anesthésiant sur les muqueuses. Elle permet de réaliser, sans douleur, des gestes délicats au niveau de la bouche, de la gorge, du nez et du sexe.
Elle peut être utilisée par exemple pour les soins de la bouche en cas de mucites (aphtes douloureux, fréquents après une chimiothérapie).
Une anesthésie de la peau
Cette technique à l’aide d’une crème ou d’un patch, permet d’insensibiliser la surface de la peau (jusqu’à 3 à 5 millimètres de profondeur) pour diminuer les douleurs dues à une piqûre, à un prélèvement ou à une pose de perfusion par exemple.
La crème ou le patch doivent être posés au moins 2 heures avant l’acte douloureux. La crème est appliquée en couche épaisse à l’endroit où l’aiguille sera introduite, sur une peau saine et sèche, sans étaler.
Une fois appliquée, elle est recouverte d’un grand pansement qui conserve la peau humide et améliore la pénétration de la crème. Lorsque la crème est retirée, l’action anesthésiante dure environ 2 heures.
Les patchs agissent de la même manière : ils diffusent un produit anesthésiant à travers la peau. Ils doivent être enlevés juste avant le soin.
Une anesthésie par infiltration
Elle consiste à injecter un produit anesthésiant directement dans la zone à insensibiliser. Elle est essentiellement utilisée pour des actes de petite chirurgie (comme des points de suture).
Respirer un gaz antidouleur
Il peut vous être proposé de respirer, à l’aide d’un masque, un mélange de gaz composé d’oxygène et de protoxyde d’azote. Ce gaz a à la fois un effet antidouleur et un effet relaxant, légèrement euphorisant.
Il peut être utilisé pour prévenir la douleur lors de soins qui durent de quelques minutes à une heure : effectuer une ponction lombaire, mettre ou enlever un drain ou une sonde, faire une toilette ou un pansement, etc.
L’équipe vous montre avant le soin comment installer le masque et le retirer. Le gaz est efficace au bout de 3 minutes et pendant tout le temps où l’on continue à le respirer. Vous restez conscient et capable de suivre une conversation avec les soignants, mais vous ne ressentez pas ou peu la douleur et vous êtes détendu.
Lorsque vous arrêtez de respirer dans le masque, l’action du gaz s’arrête en quelques minutes.
L’utilisation de ce gaz doit être organisée à l’avance car elle nécessite du matériel (masque, bouteille de gaz) et un personnel formé.
Préparer les enfants à un soin
Les actes médicaux (piqûres, pansements, manipulations) sont, plus encore que pour les adultes, une source importante de douleur pour les enfants atteints d’un cancer. Les préparer aux soins contribue à réduire leur anxiété et leur douleur.
Parler aux enfants
Comme les adultes, les enfants ont besoin d’être informés pour comprendre ce qu’on est en train de leur faire. Ils demandent en particulier qu’on ne leur mente pas. Par exemple, il ne faut pas dire qu’une piqûre ne fait pas mal, alors que ça fait mal.
L’information doit leur être donnée au bon moment : pas trop tôt pour ne pas générer d’angoisse, mais pas trop tard pour leur laisser le temps de se préparer. Elle doit être adaptée à l’âge et au niveau de compréhension de l’enfant. Elle peut être faite oralement ou grâce à des supports visuels comme des films ou des BD distribués par l’équipe médicale.
La charte européenne de l’enfant hospitalisé
Il existe une charte européenne des droits de l'enfant hospitalisé. C’est un texte qui définit quels sont les droits des enfants à l'hôpital.
Extraits de la Charte :
- Un enfant hospitalisé a le droit d’avoir ses parents ou leur substitut auprès de lui jour et nuit, quels que soient son âge ou son état.
- On encouragera les parents à rester auprès de leur enfant et on leur offrira pour cela toutes les facilités matérielles, sans que cela n’entraîne un supplément financier ou une perte de salaire. On informera les parents sur les règles de vie et les modes de fonctionnement propres au service afin qu’ils participent activement aux soins de leur enfant.
Cette charte est notamment consultable sur le site de l'association Sparadrap.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre site dédié aux cancers pédiatriques.